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    7 AVRIL : Journée mondiale de la Santé

    Prévenir plutôt que panser les plaies budgétaires

    Pour le FMI, la Belgique pourrait économiser plus de 13 milliards d'euros dans les dépenses sociales tout en réduisant le risque de pauvreté plus élevé que chez nos voisins. Conditionner l'accès aux soins médicaux pour les seuls patients « méritants » telle est la position de 70% des médecins en Belgique, selon les résultats d'un sondage réalisé par le site pour médecins Mediquality livrés par « Le Soir » du 25/02/2016.

    L'accès aux soins de santé conditionné à l'hygiène de vie ? A condition qu'une véritable éducation à la santé soit proposée au patient. Les professionnels de la santé compétents pour enseigner l'hygiène de vie sont les naturopathes.
    La ministre fédérale de la santé a hélas refusé d'agréer l'Union des Naturopathes de Belgique oeuvrant depuis 2001 pour la réglementation de la profession qui a donc saisi le Conseil d'Etat le 22 janvier dernier.

    Selon les experts du FMI, la Belgique devrait réduire les dépenses sociales de 13,3 milliards d'euros pesant chez nous 25,3% du PIB, un taux sensiblement plus élevé que chez nos voisins allemands (23,7%) et hollandais (22,1%) avec une redistribution des dépenses sociales parmi les plus faibles en Europe et donc un risque de pauvreté plus élevé que chez nos voisins. Or, entre autres différences notables entre la Belgique et ses voisins, soulignons que les naturopathes sont reconnus aux Pays-Bas depuis 1993 et en Allemagne depuis 1939... Simple coïncidence ou preuve que la prévention active et l'éducation à la santé naturelle sont les chaînons manquants de notre système de soins de santé contribuant à réduire efficacement les inégalités sociales tout en optimisant ses coûts ?

    Certaines études confirment en effet l'avantage coût-efficacité de l'approche naturopathique concernant par exemple la prévention des maladies cardiovasculaires (Journal of Occupational and Environmental Medicine du 06/02/2014). Et dans sa « Stratégie de l'OMS pour la médecine traditionnelle pour 2014-2023 », l'Organisation mondiale de la Santé affirme que « La médecine traditionnelle (MT) constitue un pan important et souvent sous-estimé des services de santé. Dans certains pays, la médecine traditionnelle ou non conventionnelle peut être appelée médecine complémentaire (MC). Cela fait bien longtemps que la médecine traditionnelle est pratiquée afin de préserver la santé ou de prévenir et traiter les maladies, en particulier les maladies chroniques ». Il convient là de préciser que la médecine traditionnelle regroupe toutes les médecines ancestrales telles que la médecine traditionnelle chinoise, l'Ayurvéda, la naturopathie ou médecine traditionnelle européenne, etc. 

    Comment se fait-il que ni les institutions publiques de santé en Belgique ni les médias ne mentionnent jamais cette stratégie de l'OMS ?

    Selon le « Bilan de Santé » du FMI (Finances et Développement, décembre 2014), « la compression générale des budgets de la santé » en Belgique résulte plus « d'une baisse des prix des produits pharmaceutiques et d'autres produits médicaux », qui « sont moins efficaces pour limiter l'accroissement des dépenses à long terme quand elles ne s’accompagnent pas de réformes visant notamment à introduire la concurrence ou à favoriser davantage la fourniture de soins d'un bon rapport qualité-prix (Clements, Coady et Gupta, 2012). Certaines de ces mesures, comme la réduction des dépenses consacrées à la promotion de la santé et à la prévention des maladies, pourraient avoir pour effet d'intensifier, à plus long terme, les pressions sur les dépenses car leurs effets négatifs sur la santé pourraient accroitre la nécessité d'interventions médicales plus coûteuses à l'avenir. »

    Selon le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE), 27,2 % des Belges atteints d'au moins une pathologie chronique. Devenues première cause de morbidité et mortalité, les maladies chroniques absorbent 70 à 80% des budgets de soins de santé. Et au-delà, l'impact économique se fait sentir par les pertes de productivité pour les employeurs, par les coûts indirects supportés par les patients et leur famille et par le risque à terme de diminution de revenus et un risque de pauvreté accru pour les malades chroniques. Et le nombre de personnes en invalidité a augmenté de près de 35% de 2010 à 2015 ... Les dépenses liées à l'incapacité de travail sont désormais supérieures aux dépenses de chômage depuis 2015.
    Le KCE affirme dans son Report 190Bs que « Le système de soins de santé doit développer de nouvelles fonctions et compétences afin de répondre spécifiquement à la nature multidimensionnelle, prolongée et individuelle des besoins des patients. Cette approche diffère du mode de fonctionnement classique de notre système de soins de santé, de type biomédical, axé sur les épisodes aigus. » et de prôner « un système qui autonomise le patient ».

    La naturopathie fait partie de ces « nouvelles fonctions et compétences » devant être intégrée dans le système des soins de santé en Belgique d'autant que les patients sont demandeurs de plus d'éducation à la santé, de prévention et de soins de santé naturels surtout à long terme.

    Par ailleurs, « près de 7 médecins sur 10 » sont d'avis « que l'octroi de soins médicaux peut être lié à l'hygiène de vie du patient », l'avis étant encore plus prononcé pour les médecins de moins de 50 ans, précise Frédéric Seumois, auteur de l'article paru dans Le Soir du 25/02/2016. Une telle réaction du milieu médical belge appelle un certain nombre de commentaires :
    1°) Le serment d'Hippocrate dont la « version adaptée » et différente de la version originale, est tout simplement bafoué dans ses principes : « j’œuvrerai pour des soins de santé accessibles à tous. » serait devenu un engagement caduc ?
    2°) Les professionnels de la santé actuellement reconnus ni ne forment ni ne sont formés à l'hygiène de vie. La pénurie de médecins qui se fait déjà sentir dans certaines spécialités va encore s'accroitre dans les prochaines années lorsque bon nombre de médecins âgés prendront leur pension. Les médecins n'ont donc ni le temps, ni les compétences pour assurer une prévention efficace. Les autres professionnels de la santé actuellement reconnus ne sont pas plus formés à l'éducation à la santé naturelle.
    3°) L'hygiène de vie, cela s'apprend ! Pour que le patient puisse adopter des comportements sains, encore faut-il lui dispenser une véritable éducation à la santé et, en cas d'addictions, l'accompagner pour l'aider de façon personnalisée à s'en libérer (alcool, tabac, diverses drogues, mais aussi sucre, café, sodas, etc.).
    4°) Les professionnels compétents pour enseigner l'hygiène de vie existent : ce sont les praticiens de santé naturopathes.
    5°) Notre système de soins de santé est dépourvu d'une véritable politique de prévention active.
    Car la seule prévention effectuée par les professionnels de santé actuellement reconnus est passive : elle consiste en une politique de dépistage de maladies et de vaccinations, sujette à polémiques quant à son efficacité et ses effets secondaires éventuels dénoncés par certains scientifiques et professionnels de la santé en Belgique et ailleurs. La vraie prévention est celle qui permet au patient d'agir, de prendre soin de sa santé avant la survenance de maladies.

    Conclusion ? La « responsabilisation » du patient ne peut être exigée que si et seulement si l'accès à une éducation à la santé, à l'hygiène de vie pour tous les patients soit assurée, ce qui n'est pas le cas actuellement, loin s'en faut !

    La ministre de la Santé a hélas refusé de reconnaitre les naturopathes comme professionnels de la santé, malgré la loi Colla en vigueur et les recommandations de l'OMS qui définit fort justement la naturopathie comme « médecine traditionnelle et complémentaire » à la médecine conventionnelle. L'OMS demande instamment l'intégration des médecines traditionnelles dans le système des soins de santé pour les Etats membres qui ne l'auraient pas encore réalisée, comme la Belgique. L'Union des Naturopathes de Belgique a donc saisi le Conseil d'Etat le 22 janvier dernier, suite au refus en septembre 2015 de la ministre fédérale de la santé d'agréer l'UNB comme « Organisation professionnelle » de la naturopathie, Conformément à la loi Colla toujours en vigueur. 

    Fatiha Aït-Saïd Lavand'homme
    Praticienne de santé naturopathe
    Directrice fondatrice de l'ISNAT asbl
    Institut Supérieur de Naturopathie Traditionnelle - 
    Présidente fondatrice de l'Union des Naturopathes de Belgique